S’installer comme kinésithérapeute libéral en 2026

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Par Ronan DANIEL 

Fondateur du cabinet R.DANIEL COURTAGE

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Pour s’installer comme kinésithérapeute libéral, il faut choisir son mode d’exercice, disposer d’une RCP, déclarer son activité auprès de l’Ordre, obtenir ou mettre à jour son numéro RPPS, vérifier le zonage, déposer une demande de conventionnement auprès de la CPAM et déclarer la création de l’activité sur le guichet unique de l’INPI. Le statut fiscal, les aides et la protection sociale doivent également être étudiés avant le démarrage.

Avant de commencer son exercice libéral, un kinésithérapeute doit disposer d’une assurance responsabilité civile professionnelle en cours de validité. L’attestation de RCP fait partie des pièces demandées par l’Ordre lors de l’inscription ou de la déclaration d’exercice en qualité de libéral.

Cette première obligation illustre l’importance de respecter l’ordre des démarches : choix du mode d’exercice, inscription ou mise à jour auprès de l’Ordre, conventionnement, déclaration de l’activité et affiliation aux organismes sociaux.

Article vérifié et mis à jour le 25 août 2026 à partir des informations publiées par l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes, l’Assurance maladie, la CARPIMKO et la convention nationale intégrant les avenants 7 et 8.

Quel mode d’exercice choisir avant de s’installer comme kinésithérapeute libéral ?

Le remplacement pour découvrir progressivement l’exercice libéral

Le remplacement constitue une manière progressive de découvrir l’exercice libéral sans créer immédiatement son propre cabinet. Le remplaçant utilise temporairement les locaux, les installations et le matériel du professionnel remplacé.

Les frais fixes liés au cabinet restent normalement à la charge de ce dernier, mais le remplaçant demeure un professionnel indépendant et supporte ses propres cotisations sociales, obligations fiscales, assurances et dépenses personnelles.

Lorsque le kinésithérapeute a remplacé un même confrère pendant au moins trois mois, consécutifs ou non, il ne peut pas, pendant deux ans, s’installer dans un cabinet où il entrerait en concurrence directe avec le professionnel remplacé et les kinésithérapeutes exerçant avec lui.

Pour éviter tout litige, le contrat peut préciser un périmètre géographique limité et proportionné aux intérêts des parties. Celles-ci peuvent également convenir d’un autre accord, qui doit alors être notifié au conseil départemental de l’Ordre.

Assistanat et collaboration libérale pour s’installer progressivement

Le contrat d’assistant libéral permet d’exercer de manière indépendante au sein du cabinet d’un titulaire, en utilisant ses moyens et ses installations, mais sans développer de clientèle personnelle.

Le collaborateur libéral peut, au contraire, se constituer sa propre patientèle au sein du cabinet. Lorsque l’assistant souhaite développer une clientèle personnelle, le contrat de collaboration est donc plus adapté. Ces deux formes d’exercice peuvent faciliter une installation progressive ou préparer une future association.

Dans les deux cas, un contrat écrit doit encadrer précisément les conditions d’exercice, la redevance, les congés, la durée du contrat et les modalités de rupture. Les modèles publiés par l’Ordre constituent une base utile.

Quelles démarches pour s’installer comme kinésithérapeute libéral ?

RC Pro et inscription à l’Ordre des Masseurs-Kinésithérapeutes

Pour un exercice libéral, la liste des pièces publiée par l’Ordre comprend notamment :

  • une photo d’identité au format passeport et un curriculum vitae ;
  • une pièce d’identité en cours de validité ;
  • un justificatif de domicile datant de moins de trois mois ;
  • la copie recto-verso du diplôme d’État ou, selon la situation, de l’autorisation d’exercice ;
  • la dernière attestation Urssaf disponible ;
  • une attestation de responsabilité civile professionnelle en cours de validité ;
  • les contrats liés à l’exercice professionnel : remplacement, assistanat, collaboration, association ou statuts de société ;
  • une déclaration attestant qu’aucune procédure susceptible d’avoir des conséquences sur l’inscription n’est en cours ;
  • un engagement écrit à respecter le code de déontologie.

La liste exacte doit être vérifiée auprès du conseil départemental de l’Ordre, notamment en fonction de la nationalité, du diplôme et de la situation professionnelle du demandeur.

Cette inscription est réalisée auprès du conseil départemental de l’Ordre du lieu d’exercice.

Après une décision favorable, le professionnel reçoit une attestation sur laquelle figure son numéro RPPS, identifiant unique et permanent qu’il conserve pendant toute sa carrière, qu’il exerce en libéral ou comme salarié.

CPAM, URSSAF et affiliation automatique à la CARPIMKO

Après avoir déclaré son exercice libéral auprès de l’Ordre, le kinésithérapeute dépose son dossier d’installation auprès de l’Assurance maladie.

La CPAM lui présente la convention nationale, vérifie les conditions d’accès au conventionnement et enregistre son dossier lorsque ces conditions sont remplies. Le zonage du lieu d’exercice doit donc être contrôlé avant de s’engager sur un local ou une reprise de cabinet.

Le début de l’activité doit parallèlement être déclaré sur le guichet unique des formalités des entreprises géré par l’INPI. Celui-ci transmet les informations aux organismes auxquels le professionnel doit obligatoirement cotiser.

Il n’est plus nécessaire d’envoyer une demande d’affiliation distincte à la CARPIMKO. Le conseiller de l’Assurance maladie peut également accompagner le professionnel dans ses formalités auprès de l’Urssaf et pour son affiliation au régime des praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés.

Schéma du parcours d’installation d’un kinésithérapeute libéral en 4 étapes : choisir son mode d’exercice, s’inscrire à l’Ordre avec sa RCP, se conventionner auprès de la CPAM, puis déclarer son activité au guichet unique de l’INPI.

Quel statut juridique et quel régime fiscal choisir comme kiné libéral ?

Un kinésithérapeute ne peut pas exercer son activité de soins sous le régime micro-social de la micro-entreprise, couramment appelé auto-entrepreneur. Cette exclusion ne résulte pas uniquement du caractère réglementé de la profession : elle tient également au fait que les kinésithérapeutes libéraux sont obligatoirement affiliés à la CARPIMKO, caisse de retraite autonome qui n’entre pas dans le champ du régime micro-social.

Il ne faut toutefois pas confondre la micro-entreprise avec le micro-BNC. Le micro-BNC est un régime fiscal distinct qui peut s’appliquer à un kinésithérapeute exerçant en entreprise individuelle lorsque les conditions sont remplies. En 2026, son seuil est fixé à 83 600 euros de recettes.

Un dépassement isolé de ce seuil ne fait pas immédiatement sortir du micro-BNC. Le passage à la déclaration contrôlée devient obligatoire lorsque le seuil a été dépassé pendant deux années consécutives. Le professionnel peut également opter volontairement pour la déclaration contrôlée, notamment lorsque la déduction de ses charges réelles devient plus avantageuse.

Les options disponibles se répartissent :

Mode d’exerciceStructures envisageablesPoint de vigilance
Exercice individuelEntreprise individuelleRégime fiscal micro-BNC ou déclaration contrôlée selon les conditions
Exercice seul en sociétéSELARLU ou SELASUFormalités sociétaires, fiscales et ordinales plus importantes
Exercice en société avec plusieurs associésSELARL, SELAS ou SCPLa société exerce elle-même la profession et doit être inscrite à l’Ordre
Partage des locaux et des moyensSCMLa SCM n’exerce pas la profession et ne peut pas détenir une patientèle commune ni partager les honoraires

L’entreprise individuelle reste généralement la forme juridique la plus simple à créer. Ses obligations comptables dépendent toutefois de son régime fiscal : elles sont limitées en micro-BNC et plus complètes sous le régime de la déclaration contrôlée. Les sociétés d’exercice libéral nécessitent davantage de formalités juridiques, comptables et ordinales.

Ce choix a des conséquences directes sur le fonctionnement de la prévoyance pour un professionnel indépendant, notamment sur le mode de calcul des cotisations et sur l’articulation avec la CARPIMKO.

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Zonage et aides à l’installation d’un kiné libéral

Les 4 catégories de zones depuis l’avenant 7

L’avenant 7 répartit le territoire en quatre niveaux de dotation : zones très sous-dotées, zones sous-dotées, zones intermédiaires et zones non prioritaires. Cette dernière appellation a remplacé celle de zone sur-dotée.

Le classement, établi à partir de bassins de vie ou de pseudo-cantons, influence directement les conditions d’accès au conventionnement et aux aides financières. La catégorie exacte du lieu d’exercice doit être vérifiée sur RezoneKiné ou auprès de la CPAM avant toute installation.

Une nouvelle condition de premier conventionnement pour certaines promotions

Cette condition concerne les kinésithérapeutes ayant commencé à partir de 2023 leur formation conduisant au diplôme d’État. Elle ne s’applique donc pas à un diplômé de 2026 qui aurait commencé sa formation avant cette date.

Le professionnel concerné doit remplir au moins l’une des deux conditions suivantes :

  • justifier d’une expérience en établissement sanitaire ou médico-social en France représentant au minimum 2 240 heures, soit 70 % d’un équivalent temps plein sur deux ans ;
  • s’engager à exercer pendant les deux premières années de son conventionnement dans une zone sous-dotée ou très sous-dotée et y réaliser au minimum 6 000 actes sur cette période.

Ces modalités peuvent être combinées. Les stages de clinicat réalisés en établissement ou dans une zone sous-dotée ou très sous-dotée peuvent être pris en compte dans le calcul de l’expérience requise. Avant de définir son projet d’installation, le jeune diplômé concerné doit faire vérifier sa situation par sa CPAM.

Les contrats incitatifs en zone très sous-dotée

En 2026, trois contrats à adhésion individuelle peuvent accompagner les kinésithérapeutes conventionnés exerçant dans une zone très sous-dotée :

ContratProjet concernéDurée et aide
CACCMKCréation ou reprise d’un cabinet principal5 ans non renouvelables, aide totale de 49 000 euros versée en 4 fois
CAIMKInstallation dans un cabinet de groupe ou pluriprofessionnel déjà existant5 ans non renouvelables, aide totale de 34 000 euros versée en 4 fois
CAMMKMaintien d’une activité déjà installée3 ans renouvelables tacitement, aide de 4 000 euros par an

Chaque contrat prévoit des conditions particulières relatives au nombre d’actes, à la part d’activité réalisée dans la zone, à l’exercice en groupe ou à la continuité des soins. Le zonage et l’éligibilité doivent être vérifiés auprès de la CPAM avant de s’engager.

Les montants indiqués correspondent aux montants conventionnels nationaux de base. Certaines aides peuvent être proratisées lorsque le nombre minimal d’actes n’est pas atteint. L’ARS peut également décider d’une majoration régionale pouvant atteindre 20 % dans certaines zones très sous-dotées particulièrement fragiles. Les conditions applicables au lieu d’installation doivent donc être vérifiées auprès de la CPAM et de l’ARS avant la signature du contrat.

S’installer en zone non prioritaire

Dans une zone non prioritaire, l’accès au conventionnement est en principe accordé au kinésithérapeute qui assure la succession d’un confrère cessant définitivement son activité dans cette même zone. Des dérogations limitées peuvent être examinées par la CPAM dans certaines situations.

Cette régulation s’applique également lorsque le professionnel envisage un exercice exclusivement réalisé au domicile des patients. Le fait de déclarer une adresse professionnelle dans une zone sous-dotée ne crée donc pas, à lui seul, une exception permettant d’intervenir librement sous convention dans une zone non prioritaire.

Avant de reprendre une patientèle, de signer un bail ou de conclure un contrat, le professionnel doit obtenir une confirmation de sa possibilité de conventionnement auprès de la CPAM.

L’option de l’assurance volontaire AT/MP

Ce que couvre ce dispositif facultatif pour les libéraux

Contrairement à un salarié, un kinésithérapeute libéral n’est pas automatiquement couvert au titre spécifique des accidents du travail et des maladies professionnelles. Il peut souscrire une assurance volontaire individuelle AT/MP auprès de l’Assurance maladie.

Cette couverture permet notamment le remboursement à 100 % des tarifs conventionnels des frais de santé liés à un accident du travail, un accident de trajet ou une maladie professionnelle reconnue. Elle peut également prévoir une indemnité en capital ou une rente en cas d’incapacité permanente.

Elle ne donne toutefois droit à aucune indemnité journalière pendant l’arrêt de travail. Elle ne maintient donc pas le revenu du kinésithérapeute en cas d’incapacité temporaire et ne couvre pas les arrêts provoqués par une maladie sans origine professionnelle.

Pourquoi la prévoyance mérite d’être anticipée dès l’installation ?

Un métier physiquement exposé dès les premières années

La kinésithérapie peut exposer le praticien à des contraintes physiques répétées : manutention de patients, gestes manuels, postures prolongées et sollicitations des membres supérieurs ou du dos.

Une affection musculo-squelettique peut alors réduire sa capacité à effectuer certains soins et entraîner une baisse immédiate de son activité, y compris pendant les premières années d’exercice, lorsque la trésorerie du cabinet peut encore être limitée.

Les bases à connaître avant de comparer les contrats

L’assurance volontaire AT/MP ne verse aucune indemnité journalière et ne couvre que les événements présentant une origine professionnelle. Avant de comparer les contrats privés, le kinésithérapeute doit donc identifier les prestations de ses régimes obligatoires.

Sous réserve de justifier d’au moins douze mois d’affiliation continue, l’Assurance maladie peut verser des indemnités journalières après un délai de carence de trois jours et jusqu’au 90e jour d’arrêt.

Lorsque cette durée n’est pas atteinte, un maintien des droits provenant d’une activité précédente peut néanmoins être examiné par la CPAM.

À partir du 91e jour, la CARPIMKO peut verser une allocation journalière, sous réserve que le professionnel remplisse ses conditions d’indemnisation.

L’arrêt adressé à la CPAM n’est pas transmis automatiquement à la CARPIMKO. Le kinésithérapeute doit effectuer sa demande auprès de cette caisse dans les six mois suivant le premier jour de son arrêt initial et être à jour de ses cotisations.

Un contrat individuel de prévoyance peut compléter ces prestations afin de mieux protéger le revenu et les frais professionnels du cabinet. Avant de choisir une offre, il faut notamment comparer le délai de franchise, le montant des indemnités journalières, la définition de l’incapacité professionnelle, les garanties en cas d’invalidité ainsi que les conditions de prise en charge des affections du dos et des troubles psychologiques. Pour approfondir ces critères, consultez les couvertures de l’assurance prévoyance.

Entre le choix du mode d’exercice, les démarches auprès de l’Ordre et de la CPAM, le statut juridique et la zone d’installation, un jeune kinésithérapeute doit prendre en quelques mois des décisions qui structureront durablement son activité.

Dans cette période chargée, la prévoyance pour les kinés peut passer au second plan. Elle mérite pourtant d’être étudiée dès le démarrage, au même titre que le choix du local ou du statut, afin de mesurer l’écart entre les prestations des régimes obligatoires, le revenu à maintenir et les frais fixes du cabinet.

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